Drei Medaillen, viele Freundschaften und eine wichtige Erkenntnis.
Une semaine intense aux Championnats du monde de cyclisme sur piste des Masters à Londres vient de s’achever. Près de 500 athlètes venus du monde entier se sont affrontés au Vélodrome olympique pour remporter des médailles, battre leurs records personnels et, parfois, s’imposer au millième de seconde près. Pour moi, ce furent des journées inoubliables, riches en émotions, en courses passionnantes et en rencontres qui vont bien au-delà du sport.
La délégation suisse peut elle aussi se montrer satisfaite de ces Championnats du monde Masters. Malgré une équipe nettement plus réduite que l’année dernière, nous rentrons chez nous avec trois médailles de bronze. Regula Ruchti a remporté le bronze au sprint féminin dans la catégorie des 40-44 ans, Domenico Semeraro a terminé troisième au 500 mètres dans la catégorie des 60-64 ans et Martin Ruepp a décroché le bronze au scratch chez les 50-54 ans. À cela s’ajoute la belle 8e place d’Andi Baumann au sprint des 45-49 ans. Pour ma part, je suis plus que satisfait de ma 8e place au scratch.
La grande absente : Barbara Schürch

L’année dernière, les Suisses avaient même remporté quatre médailles d’or. Le fait que nous n’ayons pas pu réitérer ce bilan cette fois-ci s’explique notamment par plusieurs absences de poids. Micah Gross s’est fixé d’autres priorités sportives cette saison. L’absence de Barbara Schürch et de son compagnon Marcel Wyss, qui est également mon entraîneur principal, nous a particulièrement manqué.
Barbara a été grièvement blessée lors d’un grave accident de la route à la mi-août. Une voiture a dévié sur la voie opposée et l’a percutée. Elle est restée dans le coma et se bat depuis pour revenir à la vie grâce à cette volonté admirable qui a également fait d’elle une championne du monde. Ceux qui la connaissent savent à quel point elle est pleine de joie de vivre et combien d’énergie positive elle apporte à notre équipe. Et elle continue de le faire ! Même depuis son centre de rééducation, elle nous envoie des messages d’encouragement et vibre avec nous lors de nos courses. J’écris délibérément au présent, car Barbara fait partie de notre équipe. Nous attendons tous avec impatience le jour où, espérons-le, elle remettra les pieds au vélodrome. Avec elle et Marcel, il nous manquait deux athlètes exceptionnellement talentueux, dont j’aurais sans aucun doute pu imaginer qu’ils remportent plusieurs médailles d’or.
Des conversations enrichissantes au bord du train
Outre les courses, les nombreuses discussions que j’ai eues avec des coureurs du monde entier ont été particulièrement enrichissantes pour moi. Les échanges avec les Australiens et les Américains, qui marquent de leur empreinte le cyclisme sur piste chez les masters dans différentes catégories d’âge, m’ont notamment apporté des enseignements intéressants. Cela m’a permis de prendre une fois de plus conscience de l’excellence de nos conditions d’entraînement en Suisse. Avec le vélodrome Tissot de Granges, nous disposons d’une infrastructure de premier ordre, et nous n’avons absolument rien à envier à nos homologues internationaux en matière d’entraîneurs. Marcel Wyss, ancien professionnel et multiple participant au Tour de France et au Giro d’Italia, apporte une expérience considérable. Joachim Ritter, originaire du Danemark, encadre l’entraînement au sprint ; le Britannique Pete Mitchell transmet son savoir-faire notamment lors des stages d’entraînement d’Anadia au Portugal ; et avec Stephan Bernhard, nous disposons d’un excellent préparateur physique qui gère une salle de sport directement au sein du vélodrome.
Si vous pensez que le cyclisme Masters est une activité tranquille réservée aux seniors, vous vous trompez lourdement. Ici aussi, on pratique un sport de haut niveau, avec une planification professionnelle des entraînements, des tests de performance, un renforcement musculaire ciblé et une préparation minutieuse des courses. Cela vaut aussi bien pour les Suisses que pour les Américains et les Australiens. Il existe toutefois une différence décisive : alors que les Américains et les Australiens peuvent régulièrement participer à des courses Masters dans les différentes catégories d’âge, nous manquons largement, en Suisse, d’opportunités de course correspondantes.
L’expérience de la course est irremplaçable
Un Australien m’a raconté qu’il participait à une course au moins une fois par mois. Il a ensuite prononcé une phrase qui m’a particulièrement marqué : « On n’acquiert pas cette résistance au rythme à l’entraînement, il faut courir pour cela. » C’est exactement ce que j’ai moi-même vécu à Londres. On a beau s’entraîner de manière aussi intensive que possible aux départs, aux accélérations et aux sprints, quand un adversaire surgit soudain à vos côtés, que la nervosité monte et qu’il faut prendre des décisions en une fraction de seconde, c’est un tout autre monde.
Les Masters ont encore un grand potentiel
C’est précisément dans la catégorie Masters que je vois encore un grand potentiel. Le championnat suisse de sprint Masters n’a malheureusement pas fait l’objet d’une communication suffisante cette année et a donc dû être annulé faute d’inscriptions. Il est réjouissant de constater que le Vélodrome Tissot et l’association Velodrome Suisse s’efforcent de combler cette lacune en proposant des entraînements sous forme de courses. C’est un premier pas précieux. Je souhaiterais que Swiss Cycling accorde également un peu plus d’attention au sport des Masters à l’avenir. D’après ce que j’ai pu constater, les quatre médailles d’or suisses remportées l’année dernière n’ont guère retenu l’attention dans les médias de la fédération. Or, d’un point de vue statistique, les plus de 35 ans représentent la majorité des cyclistes dans le sport de masse suisse. Non seulement ils apportent beaucoup d’expérience et de motivation, mais ils ont aussi souvent la possibilité d’investir du temps et de l’argent dans leur sport.
Que reste-t-il ?
Que retient-on donc de cette semaine à Londres ? Les souvenirs sportifs, bien sûr. Mon premier scratch, ces duels de sprint palpitants et ce moment où ma femme et mon fils m’ont regardé avec fierté. Le simple fait de pouvoir prendre le départ ici, après mon accident de septembre, était déjà pour moi un cadeau exceptionnel.
Mais les personnes que j’ai eu la chance de rencontrer ont au moins autant de valeur. Ces championnats du monde Masters forment une incroyable communauté. Sur la piste, on se bat sans concession, mais en dehors, on s’entraide, on échange des expériences, on donne des conseils et on se réjouit des performances des autres. Les concurrents deviennent des amis, indépendamment de leur nationalité ou de leur âge.
Remerciements
Je tiens à remercier tout particulièrement Yves Jäggi pour son soutien, ainsi que Lorna, dont les massages quotidiens ont permis de détendre mes muscles dorsaux, qui restaient crispés depuis ma chute, et ont largement contribué à mes résultats. Mes plus vifs remerciements vont à ma famille, qui a dû traverser de nombreuses épreuves, notamment après mon accident, qui m’a toujours soutenu et qui a partagé avec moi tous les hauts et les bas. Sans vous, cette semaine n’aurait été que la moitié aussi belle.
Je me suis rendu à Londres pour me mesurer aux meilleurs coureurs Masters du monde, et je rentre chez moi en tant que coureur classé parmi les 10 meilleurs de ma catégorie d’âge en scratch. J’emporte avec moi de nombreux enseignements précieux et des expériences inoubliables, que j’ai eu le plaisir de partager avec vous ces derniers jours. J’espère que mes récits vous ont plu, et je remercie chaleureusement le Grenchner Tagblatt de m’avoir donné l’occasion de vous faire vivre ce voyage.
Peut-être vous reverrons-nous les 11 et 12 décembre 2026 lors du Track Cycling Challenge au vélodrome Tissot de Granges, où des courses passionnantes et des duels palpitants nous attendent !